La Parette

Le quartier de la Parette doit son nom à la famille PARET qui s'est portée acquéreur de la propriété sise 183 rue du Docteur Cauvin. À la fin du XVIIe siècle, le général DAYMAN, propriétaire de diverses terres à proximité de Saint -Jean -du -Désert, en vendit une partie à M. Dominique PARET qui nomma sa nouvelle acquisition "La Parette". Cette appellation figure toujours sur le fronton du portail de fer forgé.

La Parette naquit de la famille Paret

En 1745, Dominique PARET lègue sa propriété à son neveu, Mathieu PARET, qui la cèdera à son tour à son fils aîné Jean-François PARET.

En 1788, ce dernier la vend à Alphonse DAGNAN, qui, durant la révolution émigre. La Parette, déclarée "bien national", est vendue aux enchères et adjugée à Antoine PALME. Elle changera plusieurs fois de propriétaires. En 1809, elle est vendue à Jean-Baptiste PONTIER, puis en 1860 à Pierre BERANGER (dont une avenue de Saint Julien porte le nom), et enfin en 1924 à Alfred et Edith LEENHARDT jusqu'à ce que la Ville de Marseille en rachète une bonne partie lors de la réalisation de l'ensemble immobilier "La Boiseraie".

Les campagnes alentour furent peu à peu construites, et retracent l'histoire du quartier.

Le boulevard Bezombes

Il doit son nom à l'ancien propriétaire du "Château", campagne des peupliers, lotie en 1929.
À cette époque, une laiterie y était encore exploitée.
Peu à peu, les villas s'alignèrent le long du Boulevard et il ne resta plus comme "campagne" que celle de la famille GILLY, à l'emplacement de l'actuel clos Bezombes.
En haut du Boulevard à gauche, là où se trouvait une mare, fut ouverte en 1935, la 1ère classe démontable, suivie de 6 autres en 1938-1939.

Face aux écoles fut créée une boulangerie. A l'angle de l'avenue Jean Lombard, un terrain planté de peupliers abritait la maison de Mme MEINERI qui y exploitait une épicerie, tandis

que son mari effectuait à domicile les livraisons de charbon. Le Bd Bezombes, pentu à souhait, faisait le bonheur des enfants qui "se régalaient" à faire de la carriole.

La Mazenode

De beaux jardins plantés de grands cèdres du Liban, une allée bordée de platanes menant à une Bastide - qui existe toujours - tels sont les lieux où aimait se reposer, loin de la Ville, la famille MAZENOD, de 1595 à 1752. Issue d'une descendance de négociants installés à Marseille, elle figurera dans la noblesse parlementaire et dans les hautes fonctions du clergé.

Peu avant la Révolution, le domaine est vendu aux GUEY, puis à la famille DUPRE, et en 1918 à la famille ALLIEZ Marius qui en lotit une partie (et en vendit une autre aux époux GIRAN).

Un pensionnat fut installé dans la Bastide. Le chemin qui menait à la propriété fut baptisé Av de la Mazenode et la rue qui reliait cette avenue à l'avenue Florian devint la rue DUPRE.

L'avenue Désiré Bianco

Anciennement dénommée Avenue Florian, cette voie fut classée en 1959. Elle prit le nom de Désiré BIANCO, pupille du 58ème Régiment d'Infanterie Coloniale. Engagé à l'âge de 13 ans, il partit sur le navire "Le France" défendre sa Patrie. Il perdit la vie en 1915 et fut cité à l'Ordre du Corps de l'Armée.

Air Bel

Le grand et beau domaine "La Castellane", sur lequel fut édifié en 1969 l'ensemble immobilier "Air Bel", appartenait vers le milieu du XVIIIe siècle à la famille provençale CASTELLANE ADHEMAR dont un membre, François, épousa en 1669 la fille de Mme DE SEVIGNE. La propriété fut vendue en 1780 à M. Pierre AUBRAN, puis en 1804 à la famille THUMIN qui construisit dans les années 1900 une villa de style victorien appelée "Air Bel" en raison de la bonne qualité de l'air, de par sa position élevée au-dessus de la Vallée de l'Huveaune.
L'eau y coulait à profusion : pas moins de 8 puits, mais aussi le canal qui descendait de Saint Julien et rejoignait l'Huveaune, et qui servait à l'arrosage des cultures. Joyau du quartier, c'était un espace de jeu et de promenade très apprécié.

Le Docteur THUMIN, médecin de grande qualité et très dévoué, souhaitait que la Ville en fasse une résidence pour personnes âgées. Décédé en 1947, il n'eut pas le temps de prendre les dispositions nécessaires. La propriété sera vendue en 1969 par ses successeurs à un promoteur qui y édifia un ensemble immobilier.
Elle eut aussi un rôle historique : Pendant l'occupation, la Villa abrita le réseau "Brutus" auquel appartenait Gaston DEFFERRE. Y passèrent Messieurs CHABAN-DELMAS, Jean MOULIN...

Durant cette période, des Surréalistes fuyant Paris s'y installèrent : l'écrivain André BRETON, les peintres MAX ERNST, André MASSON...La Villa Air Bel ne tarda pas à devenir un lieu de création artistique exceptionnel : André BRETON y créa son jeu de cartes...

André ROUSSIN, dont les parents demeuraient à Saint-Barnabé, passait ses vacances et Dimanches à Air Bel.

Sur les terres entourant "le château", plusieurs familles de laitiers, maraîchers, horticulteurs (EDONON, MARTIN, BREMOND ...) approvisionnaient les réfugiés d'Air Bel.

En Août 1940, l'intellectuel américain Varian FRY va permettre à 2000 personnes dont Marc CHAGALL, André BRETON, André MASSON d'échapper à la Gestapo en passant de l'autre côté de l'Atlantique.