François Barby, dans la revue Marseille, nous apporte ces précisions :

Dans le vallon qui descend d'Allauch vers les Camoins, un peu au-dessus de ce village, sur le versant gauche du ruisseau, c'est une famille venue de beaucoup plus loin qui a jeté ses bases. Pierre Paul arrive de Ligurie, de Pieve di Teco plus exactement (à cette époque Pieve di Teco s'appelait La Chane).
Il entre sur le territoire marseillais par la même porte que les autres puisqu'il se marie en 1475 à Aubagne avec Catherine Sicard (vraisemblablement un second mariage) et prend place sur des terres disponibles. Il arrive avec ses 2 fils Claude et Jean, ce dernier remarié en 1495 avec une fille ligure, Baptistine Straparel, originaire de Porto Maurizio, sur la côte, et veuve d'un autre ligure Jean Durbec ! Ce qui est intéressant, c'est que Jean Paul est toujours dans les textes affublé de son surnom : Jean Paul dit la Treille ! Point n'est besoin d'aller chercher plus loin l'origine de ce quartier cher à Pagnol et situé au contact immédiat de celui de la Famille Paul.

Depuis des temps très anciens, la Treille a attiré les marseillais qui venaient y passer l'été : la qualité de l'air, la fraîcheur des sources et des fontaines, la variété des vallons environnants avaient construit la renommée de l'endroit...avant que les lettres et le cinéma ne lui confèrent une vraie célébrité !

Marcel Pagnol (1895-1974) écrivain-académien-cinéaste y avait acheté une propriété, près des Vallons de Passe-Temps et de Roudouneau où il avait passé sa jeunesse (sa tombe se trouve dans le cimetière, à l'entrée du village). Autour de ces collines, habitées de nostalgie, Marcel Pagnol avait fixé le décor de plusieurs de ses romans (Jean de Florette ; Manon des Sources) qui furent ensuite adaptés pour le cinéma. Des "histoires d'eau" tirées du cadre de vie et du quotidien provençal qui avaient marqué ses jeunes années, dont il s'inspira aussi dans Angèle et la Fille du Puisatier...

Sur la placette de l'église, trône toujours la célèbre fontaine de Manon et au pays de Pagnol, les souvenirs d'enfance du plus célèbre des Treillans (qu'on appelait autrefois les Limberts) pourraient être vécus, par chacun d'entre nous tant l'ambiance et l'émotion des lieux nous transportent en d'autres temps. Si le patrimoine a besoin de symboles, le pittoresque village de la Treille doit y figurer.