Saint-Marcel

L'origine du nom de Saint-Marcel donne lieu à des suppositions : "La construction (du château) en a été attribuée sans preuve à Pons II, évêque de Marseille, de stmarcel la famille des vicomtes de cette ville, et on a voulu faire remonter aussi à ce bâtisseur le nom nouveau de Saint-Marcel, qui aurait pu être donné en l'honneur d'un évêque de Die, en grande réputation de Sainteté au même moment" nous relate L'encyclopédie Départementale des Bouches-du-Rhône, s'opposant à la thèse selon laquelle "Saurel, suivi par M. de Manteyer, a émis l'hypothèse que le nom du castellum massiliense aurait subi la même métamorphose que celui de la ville elle-même devenue Marcelie ; d'où le nom de Saint-Marcel" Et d'ajouter "Avouons plutôt que nous ignorons l'origine du nouveau nom".

Situé à 8 Km du centre de Marseille, ce quartier doit son origine à un ancien château construit sur un roc escarpé du massif de Carpiagne. Ce fut en premier lieu un castrum romain, puis au XIe siècle un château féodal, élevé sur les ruines de l'ancien, Bertrannus de Sancto Marcello, castello massiliense (1057). Le positionnement stratégique du castrum en fit l'objet de querelles incessantes au moyen âge avec les vicomtes de Marseille, les évêques, le monastère de Saint-Victor, la communauté de Marseille, la maison des Baux, les comtes de Provence... En 1647, l'évêque Etienne de Puget fit don de ses droits à la ville de Marseille : la justice haute, moyenne et basse. "La ville ne possède pas dans cette seigneurie un seul pouce de terrain et n'y a pas un sol de revenu, mais bien l'honneur et la charge de la justice" écrivit Achard. Les lois du 22 décembre 1789 et du 8 janvier 1790 firent de Saint-Marcel le chef-lieu du 4e canton du 3e district des Bouches-du-Rhône comprenant Saint-Marcel, Saint-Julien, Saint-Loup, La Capelette, Saint-Barnabé, La Pomme et Saint Dominique.

Les églises

Dans l'enceinte même du château, il existait une église.

Puis une église paroissiale apparut sous le titre de l'Assomption, probablement au XIIe siècle, dans le noyau villageois qui s'était formé au pied des fortifications du château, la Vallée de l'Huveaune, plus bas, étant alors marécageuse. Cette église, dénommée Chapelle Notre Dame de Nazareth, fut érigée en cure en 1112 par l'archevêque d'Arles, Aicard, frère du Vicomte Pons de Peynier. En 1119, elle devint un prieuré du Chapitre de la Major. De style roman, elle est orientée est-ouest. Le sanctuaire fut inauguré en 1874, entièrement remis à neuf et orné d'un clocher dans le style de l'époque. Elle fut transformée à l'intérieur en 1919 et ramenée au style bénédictin primitif. En 1935, elle était un lieu de pèlerinage, principalement aux fêtes de l'Annonciation et de l'Assomption.

Le village, en s'étendant, formait ce qui était appelé "Le Grand Saint-Marcel". C'est là, en bord d'Huveaune, que se bâtit la 3e église qui fut érigée en paroisse en 1516, tout en restant Prieuré de la Major. En 1685, elle devint une cure indépendante. La population augmentant, et Saint Marcel ayant dans sa dépendance La Valentine, les Accates, les Camoins, la Treille et Saint-Menet, il fut envisagé une construction plus vaste. Elle fut entreprise en 1709 puis arrêtée. Elle sera terminée 40 ans plus tard sur les instances de Mgr de Belsunce dans des proportions moindres, les églises de la Valentine, des Accates, des Camoins et de la Treille ayant été agrandies dans l'intervalle. Elle fut consacrée le 23 octobre 1836 par Mgr de Mazenod. En 1935, elle fut décrite par Masson : "Elle a gardé la seule large nef de style rococo, construite en 1749, avec un transept dont la branche gauche termine un bas-côté unique. On y remarque un assez beau maître-autel en marbre blanc et une assez belle chaire en boiserie ornée d'anges et d'attributs dorés"

Un autre édifice religieux est la Chapelle de la Confrérie des Pénitents Bleus, fondée en 1508 par les pénitents de Saint-Martin sous le titre de Mater Pietatis et rétablie en 1816.

Le grand et le petit Saint Marcel

On distinguait deux parties très inégales coupées par l'Huveaune et la voie ferrée : le Petit Saint-Marcel le long de la petite route d'Aubagne et le Grand Saint-Marcel le long de la route nationale en direction de la Valbarelle et de la Barasse qui l'encadrent. Un pont les reliait. La gare était bâtie sur une langue de terre formée entre la rivière et le Grand Béal qui en était dérivé.

Les propriétés

Il y avait de grandes propriétés telle celle du Marquis de Forbin d'Oppède avec son château restauré en 1859 dans le style renaissance, le domaine de la Moutie sur la route d'Aubagne qui appartenait au Monastère de Saint-Sauveur, celle de Pontevès dite La Rente située entre l'Huveaune et la route nationale...

La population

C'était un bourg important : 1088 habitants en 1824, près de 1500 en 1848 et 2236 en 1876. L'arrivée des eaux du Canal en 1849 et la création de la ligne ferrée en 1859 n'était pas étrangère à sa prospérité. Le développement des industries après la 1e guerre attira de la main d'œuvre et en 1931 Saint-Marcel comptait 11 133 âmes. Outre les quelques exploitations agricoles (6 laitiers), s'étaient en effet installées diverses industries : la verrerie de Queylar, les établissements Coder (matériel de chemin de fer), les pâtes alimentaires Carret Frères et Compagnie, la cartonnerie Saint-Charles, la scierie de marbre... La gare avait un trafic assez important de marchandises. Dès 1905, Saint-Marcel fut desservi par une ligne de tramway prolongée par la suite jusqu'à la Barasse, et par la ligne d'Aubagne.

Les travaux dans ce quartier

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