Saint-Jean du Désert

Les premières traces humaines connues à ce jour dans le secteur de Saint-Jean du Désert sont des tombes jumelles chasséennes datées entre 4400 et 3300 avant J.C.
Cette découverte fut réalisée en Mars 1993 lors de la Campagne de fouilles menées sous la direction de Monsieur BOISSINOT, archéologue et Professeur à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales.
Les tombes entourées d'un tertre de 11 mètres de diamètre furent exhumées au lieu dit les Sources.

Le site, particulièrement favorable dès le néolithique à la mise en culture, fut exploité à cette fin jusqu'au dernier quart du XXe siècle.

Après l'effondrement de l'empire Romain, ce furent les moines de Saint Victor qui exploitèrent ce territoire dès le IXe siècle. Saint-Jean du Désert ne prit son nom qu'au XVIIe siècle, suite au démembrement d'un terroir plus grand appelé Sarturanus, soit le jardin, devenu Sarturan, qui embrassait en plus de Saint-Jean de Désert : Saint Pierre, Saint Barnabé, et l'Arcussia (propriété rattachée plus tard à Saint Loup).

L'activité qui rendit célèbre le quartier dans le monde entier fut ses carrières d'argile plastique d'une rare qualité. Cette exploitation intensive aboutit fin 1677 début 1678 à la naissance des Faïenceries Fabre-Clerissy, qui transformèrent certaines poteries en une activité faïencière naissante et dominante.

Les grands noms de la faïence

 

Les Fabre, Clérissy, Viry, Carbonel, Maîtres Faïenciers, furent les créateurs des fabriques de Saint Jean du Désert, dont les grands plats de chasse en camaïeu bleu sur émail blanc très onctueux au toucher, sont très appréciés des collectionneurs de faïence.
Dans la collection Mortreuil, on signale en particulier un plat octogone à lambrequin, style Berain, portant ces mots "Saint Jean du Désert"
Le même collectionneur possédait aussi le plat de faïence le plus ancien connu avec l'inscription : "Marseille 1681". On pense communément que ce plat sort des fabriques de Saint-Jean du Désert.
De même, on remarque dans la collection Davilliers de Paris, un plat fort beau, portant cette marque de fabrique : "A. Clérissy, à Saint-Jean du Désert 1697, à Marseille".
Les faïenciers occupaient une grande place dans le hameau de Saint-Jean du Désert.
Ils mettaient surtout diligence à s'occuper des affaires de la Chapelle.
En 1673, Fabre participe, par ses dons et conseils, à l'installation du caveau intérieur, où il fera inhumer en 1684 Françoise Carbonel, fille d'un faïencier. C'est ce même Fabre qui sera en 1708 le parrain de la Cloche achetée par les soins du faïencier Clérissy.

La chapelle de Saint Jean du Désert

Au début du XVIIe siècle, les habitants de Sarturan se rendaient à Saint Loup ou à Saint Barnabé pour assister aux offices religieux, ou encore à la "Chapelle Saint Pierre aux Liens" construite en 1628.
Le 11Août 1638, Benoît de Monier fit don d'un coin de pinède au quartier de Sarturan pour y édifier une église "sous le titre du glorieux Jehan baptiste dans le dézert".
Des dons en espèces furent recueillis mais on en resta là. Le donataire puis son épouse moururent sans que la construction ne débute. Leur fils Antoine confirma la donation, demandant en contrepartie à ce que soit donnée "tous les ans une messe des morts pour l'asme de noble Benoist de Monier et de dame Françoise de Valbelle, ses père et mère".
Le 16 avril 1667, la permission fut accordée par l'Evêque Etienne de Puget, compte tenu de l'éloignement des autres lieux de culte et que "le nombre des habitants dudit cartier est considérable particulièrement en esté et pendant la cueillette des fruits."
Ce fut finalement dans la propriété voisine d'Antoine Darnaud et non pas celle de M. Monier que fut construite puis consacrée la chapelle le 24 juin 1668 par M. De Bausset, vicaire général.
Au fil des années, la chapelle devenant trop exiguë, des travaux d'agrandissement furent envisagés en 1736. Furent édifiés à droite de l'entrée la Chapelle du Saint Rosaire pour la Confrérie, surmontée d'une chambre, et la chapelle de Notre Dame de Bon Secours et à gauche, la petite chapelle de Saint-Sébastien que l'on doit à Sébastien Olive.

La sacristie fut construite en 1769.

Saint-Jean du Désert, de façon amicale, dispute à Cuges depuis 100 ans la paternité du mariage religieux secret de Joseph Bonaparte et de Marie Julien Clary en sa chapelle. Napoléon pour sa part aurait retrouvé Désiré Clary du côté de la Bastide Flotte.
Lamartine aurait également séjourné dans cette propriété avec la régente d'Espagne venue en villégiature.
D'une façon générale, ce quartier accueillit du XVIIe siècle au XXe siècle une légion d'artistes, de poètes, d'écrivains célèbres.